Ce chapitre s’adresse à un public musicien. Si vous êtes simplement mélomane vous risquez de le trouver encore plus rasoir que le précédent. Nous ne saurions trop vous conseiller d’y jeter un œil malgré tout, même si vous ne comprenez pas tout cela vous servira un jour lorsque, alangui dans un salon, il vous faudra parler d’amour…
Le jazz obéit aux mêmes règles harmoniques que la musique
classique dans la mesure où ce sont toutes les deux des musiques
tonales. C’est à dire qui utilisent la gamme tempérée
telle que nous l’avons adoptée il y a quelques trois cent ans.
A la différence du classique, le jazz ne s’embarrasse pas de règles,
au contraire il les enfreint toutes au fil de son évolution. On
m’objectera avec raison que la musique classique a évolué
à peu près de la même manière depuis Bach jusqu’à
Debussy par exemple.
C’est vrai. Pourtant dans les livres de solfège d’aujourd’hui destinés
à nos jeunes élèves on parle encore de notes «
dissonantes » et les dissonances en question commenceraient dès
la septième. .
Il faut savoir qu’un accord se compose de quatre notes. Prenons l’accord
de DO majeur. Il y a la fondamentale, le Do, puis la tierce, le Mi, la
quinte, le Sol, et enfin la septième, le Si. La musique classique
utilise ces quatre notes mais pour résoudre elle n’en tolère
que trois, les trois premières. Les autres sont pourtant utilisées
mais elles sont considérées comme des « retards »
amenés à se résoudre sur une des trois premières
notes, c'est à dire abolir la tension qui a été engendrée
par l’utilisation du cinquième degré.
Toute notre musique tonale repose sur ce principe de Tension-Résolution.
Très vite les jazzmen ont éprouvé le besoin d’altérer
le cinquième degré afin d’éviter cette cadence conclusive
qui terminait systématiquement tous les morceaux d’alors. Les trucs
employés sont nombreux, mais nous ne pouvons ici entrer dans ces
détails, c’est déjà bien assez compliqué comme
ça.